
(Illustration de Pénélope Joliecoeur)
Ce n’est pas la première fois que je crée un blog, ni la première fois que je me présente quelque part. Mais ça reste une première fois.
Et quand on ne sait pas qui va nous lire, si c’est un barbu ‘’akhina’’, un suicidaire, une vieille mamie ou alcoolo qui est à l’autre bout de la toile, on a du mal à trouver la bonne manière de faire bonne impression.
On se demande si on va attacher les premiers lecteurs qui, par hasard tombent ici (sans se faire mal j'espère), si on va être lue, un peu, beaucoup, passionément ou pas du tout. Si on aura des commentaires, et même s’il va y avoir beaucoup de notes… car je me connais. Je m’enflamme très vite pour l’idée d’un nouveau blog, mais je ne l’entretiendrai pas assez, j’aurai moins envie d’écrire, et petit à petit, mon blog sombrera dans le patho comme mon ancien blog. Je suis comme une petite gamine qui veut à tout prix acheter la robe rouge de la vitrine de la boutique de Adel, avoir la plus grande pomme verte au dessert, et acheter un sac grenas comme celui de sa maman … mais qui ne les portera/mangera jamais.
J’espère tout de même consommer un peu mon blog. En ce moment, je suis en vacance, donc j’ai énormément de temps pour observer la vie qui défile, les passants et la société algérienne.
J’ai créé ce blog, à la base, pour y reporter tout ce que je vois à travers la vitre de ma bagnole qui n’est pas la mienne, car je ne me ballade que sur 4 roues. A pieds, trop de ‘’chbareg’’ empoisonneront ma sortie avec leur ‘’wech bih el fraise mal à l’aise’’ et ‘’laisse moi une place fi galbek … même waqef »... etc.
Ayant une culture spéciale et des coutumes algériennes revues et modernisées mais surtout personnalisées, je ne comprends pas toujours l’algérien.
Et je n’apprends réellement à le comprendre et le connaître qu’en l’observant, car je le devinais mal. Et mal le deviner pendant longtemps fait que je sois en état de choc depuis quelques temps. Je voir en noir notre chère société algérienne où la majorité ne fait que survivre, et ça ne me fait penser qu’à des choses négatives.
Je pourrai, par trop de dégoût, virer de mon sujet principal, et me mettre à parler de toutes les horreurs de ce monde, les victimes de tsunamis, les séropositifs dont les partenaires ont fait exprès de ne pas prendre de précaution, et les psychopathes qui torturent des fillettes avant de les violer et de les étouffer dans un sac en plastique (oui, je sais, je regarde trop la télé). Je pourrai aussi par ennui, déballer mes ''kra3'' car je me vois me recycler en bouteilleuse dernièrement, et je vous raconterai d'ici peu si la routine envahit aussi mon blog, comment Assia a trompé son mari, ainsi que la rupture de Meryouma et Azzedine l'obsédé qui a des tendances fétichistes et qui collectionnes les chaussettes malodorantes de ses amantes sous le lit.
Ami lecteur, tu as donc été prévenu, et un homme prévenu en vaut deux. Cette chronique fera tout son possible pour rester raisonnable, mais elle sera foudroyée souvent par des coups de gueules féministes injustifiés, et des épisodes soporifiques qui te feront peut être prescrire des anti-dépresseurs par un médoc.
Sois donc bien informé des dangers qui te menacent : cette page est maudite.
Si tu es courageux, et que tu restes intéressé, on y parlera outre des ‘’chbareg’’ qui embêtent les nanas dans les rues, d’autres facettes de cette société qui a tout pour ne faire que des heureux, mais qui garde le bonheur pour une fine tranche du peuple.
Comme je suis une nana marrante, mais dont les neurones sont partis lézarder sous soleil des caraïbes, je saupoudrerai de temps à autre le tout de quelques blagues à ‘’ zouj doro’’ de Chadli et Boutef, qui ont déjà fait le tour du pays depuis des lustres.
Eh oui, je prévois d’être très ennuyeuse, et ça se passe à mon insu. Pour la mise à jour, j’oscille entre le « jamais » et le « tout le temps », ça dépendra bien sur de mon taux de dégout dans le sang, de mon temps libre, et de ma vie si fascinante qui me fera regarder dans pas longtemps les feux de l’amour sur FR2.
Ami lecteur, accroche toi, et sois fort ! Crois moi, ça sera aussi pénible pour toi que pour moi.